Le marchand de biens expliqué simplement par Emeline Siron : définition, marge, fiscalité (TVA sur marge, article 1115, IS), statut, financement et étapes pour se lancer sur ta première opération d'achat-revente.
Salut, c'est Emeline SIRON ! Aujourd'hui, on attaque un sujet que je vis de l'intérieur : le marchand de biens. Je pilote mes propres opérations d'achat-revente en ce moment même, en parallèle de mes 55 locataires. Alors je vais t'expliquer le métier simplement, avec de vrais chiffres, et sans te vendre du rêve : ça peut rapporter gros, mais une erreur se paie à cinq chiffres.
Le marchand de biens, c'est quoi exactement ?
Un marchand de biens achète un bien, le valorise (travaux, division en plusieurs lots, changement d'usage) puis le revend pour dégager une marge. Ce n'est pas de l'investissement locatif : tu ne gardes pas le bien pour vivre des loyers, tu le fais tourner sur un cycle court, souvent de quelques mois à un peu plus d'un an.
C'est une activité commerciale à part entière, avec sa logique, son financement et sa fiscalité propres. En locatif, tu vises l'autofinancement sur le long terme. En marchand de biens, tu vises une marge à la revente. Les deux sont complémentaires, mais tu ne les pilotes pas de la même façon.
Combien gagne un marchand de biens ?
Il n'y a pas de salaire, il y a des marges d'opération. Et la marge se joue à l'achat, pas à la revente : tu gagnes en achetant sous le prix du marché, la revente ne fait que matérialiser ce que tu as sécurisé à l'entrée.
Un exemple réel, une de mes opérations à Lyon : un lot de 42 m² au 3e étage, acheté 145 000 euros, que je divise en 2 studios de 20 m². Compte environ 33 000 euros de travaux et de division, pour une revente visée autour de 214 000 euros. C'est l'opération type pour démarrer : petit budget, périmètre maîtrisé, sortie rapide.
Sois lucide quand même : ces marges sont brutes, avant fiscalité et avant frais de portage. Une opération n'est jamais gagnée tant que l'acte de revente n'est pas signé. C'est exactement ce que je t'apprends à sécuriser.
👉 Faut-il un diplôme ou une formation pour devenir marchand de biens ?
Non. L'activité de marchand de biens n'est pas réglementée : aucun diplôme, aucune carte professionnelle exigée. Ce qui fait la différence entre une opération rentable et une qui te coûte, ce sont tes compétences en chiffrage, en TVA, en urbanisme et en négociation.
Et ça, ça ne s'apprend pas en regardant des vidéos génériques. Ça s'apprend en montant une vraie opération, sur tes chiffres. Si tu veux d'abord tester ton niveau, j'ai créé un test marchand de biens gratuit : 12 questions, et tu sais en 4 minutes ce que tu maîtrises et ce qu'il te reste à travailler.
La fiscalité du marchand de biens
C'est LE point qui fait ou défait une marge. Trois choses à connaître.
Les droits d'enregistrement réduits. Si tu prends l'engagement de revendre dans les 5 ans (article 1115 du Code général des impôts), tes droits de mutation à l'achat tombent autour de 0,715 %, contre environ 5,8 % en droit commun. Un levier direct sur ta marge.
La TVA sur marge. Sur un bien ancien acheté à un particulier, donc sans TVA récupérable, la TVA se calcule le plus souvent sur ta seule marge (la différence entre le prix de revente et le prix d'achat), et non sur le prix de vente total. Selon le régime applicable, la même affaire peut passer d'une belle marge à une marge divisée par deux. C'est le calcul que la plupart des débutants ne font jamais.
Pas d'abattement pour durée de détention. Contrairement au particulier, le marchand de biens ne profite pas des abattements sur la plus-value. Sa revente génère un résultat commercial imposé à l'impôt sur les sociétés, pas une plus-value de particulier. On raisonne en marge nette, pas en plus-value. Pour bien voir la différence, j'ai un article dédié sur la plus-value immobilière.
Un conseil qui vaut de l'or : fais toujours valider ta situation par un comptable.
Quel statut, quelle société ?
L'achat-revente habituel, c'est commercial. Ça se loge donc dans une société commerciale à l'impôt sur les sociétés : une SAS, une SASU ou une SARL. Une SCI, qui est une société civile, n'est pas adaptée au marchand de biens, et le nom propre en micro n'est pas fait pour ça non plus. Choisir la bonne structure dès le départ, c'est l'une des premières choses à caler, avant même de chercher un bien.
Comment finance-t-on une opération ?
Pas comme un achat locatif. Une banque ne lit pas un dossier marchand de biens comme un dossier d'habitation. On finance l'opération avec un crédit court terme, souvent in fine, remboursé au moment de la revente. Tu ne prends pas un prêt amortissable sur 20 ou 25 ans : tu finances une opération, pas une acquisition de long terme. Il te faut donc de la trésorerie et un dossier chiffré, parce que tu portes le coût total jusqu'à la vente.
Les grandes étapes d'une opération
- Le sourcing. La décote ne se trouve pas au prix affiché sur les portails grand public. Elle se trouve en off-market : vendeur pressé, succession, bien à diviser, lot mal vendu.
- Le chiffrage. Avant de signer, tu dois connaître deux chiffres fiables : ton prix de revente réaliste (par une étude de marché) et le coût des travaux (par des devis). Tout le reste en découle.
- L'offre et la négociation. Tu calcules ton prix d'achat maximum et tu structures ton offre. Une opération se gagne à l'achat.
- Le financement. Ton plan de financement et ton dossier banque, présentés comme une opération professionnelle.
- Les autorisations et les travaux. Déclaration préalable, permis, changement de destination, division : savoir ce qu'il faut déposer et à qui. Puis piloter les artisans, sans faire les travaux toi-même.
- La revente. Elle se prépare dès l'achat : découpe des lots, pré-commercialisation avant la fin des travaux, calendrier de sortie pour réduire le portage.
Les erreurs qui coûtent cher
Une TVA mal anticipée, un prix d'achat trop haut, 6 mois de portage en trop, un bien qui ne se revend pas : chacune de ces erreurs se compte en dizaines de milliers d'euros. Le marchand de biens ne loue pas, il revend. Son risque numéro un, c'est l'invendu et la trésorerie bloquée. D'où l'importance d'une marge de sécurité, calculée avant de signer, pas espérée après.
Se former et se faire accompagner au marchand de biens
Je ne vends pas une formation marchand de biens en vidéos. Pour moi, ce métier s'apprend sur une vraie opération, avec quelqu'un d'expérimenté à côté aux moments qui comptent. C'est pour ça que je fais du coaching marchand de biens individuel : on travaille sur TON opération, tes chiffres, ta banque, tes devis. Et si tu veux d'abord comprendre le métier tranquillement, va voir ma page formation marchand de biens.
Conclusion
Le marchand de biens, c'est un vrai métier, pas un coup de chance. Bien mené, il te construit du capital en quelques années. Mal préparé, il bloque ta trésorerie sur une opération qui ne se vend pas. La différence, ce n'est pas la chance : c'est le chiffrage, la fiscalité et la lucidité sur le risque. Commence par te former sur du concret, et fais-toi accompagner sur ta première opération.
Pour aller plus loin
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